Paste your Google Webmaster Tools verification code here

LES RENÉGATS DE MAI 68.

Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar, têtes de gondole de Mai 68, avaient promis de ne pas s’exprimer à l’occasion du cinquantième anniversaire de cet événement. Ils n’ont pas pu s’empêcher de le faire collectivement dans un entretien avec Michel Wieviorka pour la revue Socio.

Ils voient dans Mai 68 ce qu’ils appellent trois dimensions : la dimension sociale, c’est-à-dire la grève générale qui a abouti aux accords de Grenelle, la dimension culturelle, « cette envie de vivre différemment » et la dimension révolutionnaire.

Pour les deux premières dimensions, le bilan leur semble positif. Mai 68 a permis d’entrer dans la « modernité culturelle et sociale », incarnée pour eux par Emmanuel Macron dont ils ont soutenu la candidature.

En ce qui concerne la dimension révolutionnaire, nos deux compères font un rapide mea-culpa, puis tombent à bras raccourcis sur « l’idéologie gauchiste révolutionnaire ». Cohn-Bendit estime que, de 1968 à 1974-1975, il est tombé dans le piège de la « révolution possible ». Geismar, qui a adhéré au Parti socialiste, dilue sa désertion en constatant que le P.S. tel qu’il l’a connu « avait absorbé énormément d’anciens militants gauchistes ».

Ceux qui ont trahi leurs idéaux de jeunesse trouvent généralement comme excuse qu’ils ne sont pas les seuls, que c’est une évolution normale.

Ils se trompent. Des révolutionnaires qui continuent de croire à l’édification d’une société libre et sans classes, ni riches ni pauvres, il y en a encore. Pour eux Mai 68 n’est pas mort. Ils ne participent pas à son enterrement. Ils n’ont pas déserté. Ils peuvent encore se regarder dans la glace et reconnaître les jeunes gens enthousiastes qu’ils étaient il y a cinquante ans. Ils savent aussi qu’ils ont été rejoints par d’autres qui partagent leurs convictions.

Loin d’incarner la modernité sociale, nos deux « renégats » sont les véritables « croulants ». « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi », disait-on en Mai 68. Cohn-Bendit et Geismar sont les dignes représentants de ce vieux monde fait d’injustices sociales, d’inégalités et de guerres.

Nous qui croyons encore en la révolution, nous qui étions en 1968 et dans les années suivantes des militants discrets mais actifs, nous leur dénions le droit de parler en notre nom. Conseiller Macron dans sa « casse sociale » leur suffira.

Denis Langlois

 

  • Ce texte publié également sur Bellaciao et Agoravox a donné lieu à de nombreuses réactions, parfois surprenantes, qu’on trouvera ci dessous :

.

Laertes 31 mars 10:41

Bonjour Denis : Il n’y a rien d’étonnant dans le fait qu’un Cohn Bendit, Lang, ou Geismar (que je ne connais pas) soient devenus ce qu’ils sont. C’est vieux comme le monde. Il suffit de réécouter la chanson de Brel « les Bourgeois » et surtout de lire et relire le livre fabuleux de George Orwell « animal farm » (en français « la ferme des animaux ») pour être convaincu qu’il y aura toujours des gens qui utiliseront de bons mots pour pour pouvoir après trahir. Rien de nouveau sous le soleil !
(la chanson de Dutronc « l’opportuniste » est aussi dans la même veine. C’est d’ailleurs ma préférée).

.

Areole 31 mars 10:43

« Cohn-Bendit et Geismar sont les dignes représentants de ce vieux monde fait d’injustices sociales, d’inégalités et de guerres. »
Et pas vous ?
Si distinction il y a entre vous et eux (et elle n’est pas mince, il faut l’avouer) ce n’est qu’au regard des l’engagements guerriers des « renégats » dont vous ne faites manifestement pas partie. Pour le reste vous partagez avec eux ce fétichisme éthéré des sacro-saints droits de l’homme qui permettent de raisonner à dix milles lieues de la terre. Idéologie dangereuse qui, du quartier latin ou du haut des monts d’Auvergne, permet de prêcher sans jamais avoir à se salir les mains.
Je crains que votre opposition ne cache une complicité plus profonde que partagent les soixante-huitards : la bonne conscience des révolutionnaires qui hantent les colloques tiers-mondistes.
Ils faut toujours des voix pour crier dans le désert.

Pierre Régnier 31 mars 12:04

Cohn-Bendit, Gesmar, Goupil… n’ont pas vraiment trahi leur idéal de mai 68. Ils y avaient milité pour la libération des moeurs et des comportements dans de nombreux domaines et ils ont réussi, même si les libérations sont souvent devenues du n’importe quoi. Mais ils n’avaient pas vraiment milité pour l’égalité et la solidarité. Il est donc logique qu’ils approuvent aujourd’hui l’économisme, dont Macron est assurément le meilleur représentant.
Il faut cependant élargir la réflexion à toute la fausse Gauche, toutes tendances confondues. (…)

covadonga*722 31 mars 13:39

Cohn-Bendit, Gesmar, Goupil..July , des libertaires devenus des libéraux libertarien des crapules bourgeoises dont le ventre s’’est arrondi a mesure que l’échine se courbait.

Coriosolite 31 mars 14:21

Chaque année en « 8 », ce qui fera la 5ème fois en 2018, le « soissantuitare » de service, marque déposée et carte d’ancien combattant sur demande, vient nous faire part, à nous qui n’avions rien demandé, de ses exploits passés et de ses émois présents.
Ne se rendant pas compte qu’il commence à radoter et à lasser un auditoire qui se fout de mai 68 comme de Waterloo ou des guerres de néandertal, il y va une fois de plus de son couplet moralisant sur la « trahison », les « vrais » révolutionnaires, etc.
Une petite pub sur son opuscule, juste paru pour l’anniversaire rituel, vient cette fois clôturer son oeuvre agoravoxienne. Ca ne mange pas de pain et ça peut mettre du beurre dans les épinards, comme disait Popeye.
Rendez-vous dans 10 ans pour le même blabla, avec un autre survivant de cette « révolution » ,si il en reste.

zygzornifle 31 mars 14:29

Cohn-Bendit ne se souvient meme plus de son passé , maintenant il a l’UE en ligne de mire son confortable revenu argent de poche sa futures retraite dorée , il fait son rot après chaque repas au parlement comme bien d’autres ….

Mohammed MADJOUR 31 mars 15:39

Il suffit juste de dire que ce Daniel Cohn-Bendit a été la malédiction infligée au peuple français qui visiblement ne pourra plus se relever tant il est plongé au plus profond dans la vase d’une nauséabonde culture !

.

Jean PRADIER 30 mars 16:52

Merci Monsieur Langlois, l’espoir est toujours dans nos coeurs.

.

irae 30 mars 19:15

Pour ne rien dire de Romain Goupil.
Je doute qu’ils aient trahi leurs idéaux. Ils cherchaient la lumière pour s’assurer carrière et revenus, cqfd.

.

bb23 30 mars 22:20

Les Anonymes vivants de 68 sont toujours là et n’ont rien à foutre de ces bouffons embourgeoisés !..
Vivre l’Unité Populaire contre ce monde capitaliste pourri !
Ouvriers, Etudiants, Retraités,Paysans, exclus en tous genres…A 2 mains dans la lutte de classe (sans pavés, sans pitié ni piété) !.. Grève Générale !

.

. Blek 31 mars 18:47

Les révolutionnaires de 68 étaient des petits merdeux bourgeois qui n’avaient jamais travaillé de leur vie. Papa Maman , leurs donnaient l’argent de poche pour que ceux là aille foutre le bordel. Ces petits cons ne se sont pas aperçu qu’ils étaient manipulés pour virer De Gaulle . Après la récréation ils sont vite retournés à leurs occupations bourgeoises et le prolétariat a vite été oublié au profit d’un bon poste bien rémunéré et de la dernière BMW.

 

. Helios 31 mars 19:35

Ce que vous dites, Blek, c’est ce que vous imaginez avec ce que vous savez MAINTENANT.

Il est totalement faux de parler de petits merdeux n’ayant jamais travaillé, pour identifier les jeunes qui se sont impliqués dans les manifs et toutes les discussions citoyennes, qui au passage, n’existent plus aujourd’hui.

Ceux qui ont vraiment fait « leur » révolution, et qui restaient le soir a établir une stratégie pour le lendemain, la semaine ou le mois suivant, ce n’etaient pas les quelques etudiants sans conscience -comme le sont ceux d’aujourd’hui –  c’était des gens sincères, impliqués qui se heurtaient au même mur que celui d’aujourd’hui

Les règles sociale de l’époque étaient aussi fortes que les règles d’unanimité pour modifier TUE et TFUE. Une fois dans la rue, quand De Gaulle a eu vraiment chaud aux fesses, le smic a pu augmenter alors que, je me souviens bien, son augmentation etait légalement impossible et aurait du couler la France.

Avant mai 1968, j’ai travaillé et cela m’a bien aidé lorsque j’ai commencé a faire ma reconstitution de carrière. le fait d’avoir bossé m’a permis de valider mon service militaire, par exemple.

Vous regardez Mai 68 par le petit bout de la lorgnette et vous occultez ce qui ne vous arrange pas.

Je vous l’ai dit par ailleurs, Cohn Bendit, comme Geismar ou Krivine, c’etait des rigolos qu’on mettait en avant pour avancer…. mais c’étaient des brêles et ils le sont toujours.

Mai 68 est loin aujourd’hui et personne parmi les jeune n’a les co…les pour reprendre le flambeau et foutre un coup de pied au cul bien mérité a Macron ! vous, pas plus que les autres.

.

Aristide 31 mars 20:41

Des révolutionnaires qui continuent de croire à l’édification d’une société libre et sans classes, ni riches ni pauvres, il y en a encore.

Ce n’est pas tant le but qui pose questionnement, une société libre, et cetera, et cetera, … Quoique, par les expériences anciennes, on peut tout de même s’interroger.

C’est les moyens d’y parvenir qui posent questions, une révolution ouais, mais comment on règle le problème de ceux qui n’en veulent pas, ils seront nombreux et disposeront de la force. Une révolution violente ? A la mode des guerres civiles espagnoles, yougoslaves ?

Ils sont marrants tous ces révolutionnaires en chaussons, en sabots auvergnats ou en vélo des PTT, mais c’est LA question.

Je ne suis pas sûr que l’auteur vienne ici répondre à cette question. Il faudrait sûrement acheter son bouquin pour peut être avoir un début de commencement de réponse …

PS : Sur les extraits publiés sur son site, pas une seule fois le problème de la violence n’est posé. Par contre on trouve 7 fois le mot « leader » et les « moyens » de s’en passer …. Moyens ? Vœux pieux du genre « Un mouvement révolutionnaire doit être l’affaire de tous.  » « Le seul terme souhaitable est le nous spontané et libre. » On est sauvé … Des discordances de vue, des oppositions, … que nenni, cela n’existe pas dans le monde des révolutionnaires et la réponse idéale le « nous » qui abstient de se poser le problème des aspirations individuelles.

.

waymel bernard 31 mars 23:10

En 1968 Geismar avait déclaré qu’il ne se raserait la barbe que lorsque la révolution serait faite. Dans les années 90 sa photo est apparue dans je ne sais quel journal. Le visage glabre. Il venait d’être nommé inspecteur général de l’Éducation nationale.

.

dupre 31 mars 2018 23:12

Merci, Monsieur Langlois, pour cette remise à l’heure de nombreuses pendules. Cohn-Bendit n’est qu’un imposteur, un militant et artisan de l’Europe libérale, son livre « Une envie de politique » est un plaidoyer pour l’économie de marché, comme quoi les « pavés de mai 68 » étaient truffés de mauvaises intentions, pire que l’enfer…

Car cette Europe libérale et atlantiste, c’est celle que les Américains nous imposent depuis la libération en 1944, année où ces Américains ont débarqué en Normandie pour se faire passer comme libérateurs (alors que c’était l’armée soviétique qui avait fait reculer les troupes nazies à Stalingrad en 1943, avant de marcher jusqu’en Allemagne en 1944). Celles et ceux d’entre vous qui veulent plus de détails les trouveront dans l’excellent ouvrage coécrit par Florence Leray et Paul Ariès, « Cohn-Bendit, l’imposture » aux éditions Max Milo ’publication en 2010).

Aujourd’hui, Macron compte parmi les hommes politiques européens les plus fidèles lieutenants de cette politique atlantiste et hypercapitaliste. Si Macron casse le service public de la SNCF, il s’attaquera ensuite, à la Sécurité sociale, le principal acquis du Conseil National de la Résistance. Nous sommes, non pas dans la « révolte » des petits renégats de Mai 68 à la sauce Cohn Ben Dit, mais nous sommes de nouveau en Résistance, il suffit de voir comment le fascisme est instrumentalisé dans des facs comme celle de Montpellier, comment des idées fascistes sont mises en valeur par des médias comme bFNtv

Aujourd’hui, faisons converger les zad, les cheminots et tous les grévistes, les étudiants et lycéens, pour une écologie distributive. Il y a des milliards à reprendre à ceux qui nous les volent, afin de redistribuer l’argent entre nous, pour une vie digne et respectueuse de la nature dont nous faisons partie. Résistance, résistance, résistance !

.

Djam 31 mars 23:25

Il faudra qu’un jour les « authentiques » 68tards dont vous vous réclamez nous expliquent une bonne fois pour toute ce qu’ils recherchent… Nous, les venus après, nous comprenons surtout que derrière votre utopie se tenaient des esprits qui, eux, ont parfaitement bien su vous utiliser et vous ne vous en êtes jamais vraiment remis… eux, si ! et très bien même quand on regarde où sont ceux qui avaient en réalité une toute autre utopie qu’on appelle aujourd’hui le mondialisme…. cet énorme arnaque qui vend du « village global » aux masses abruties pendant que les organisateurs de ce coup d’état mondial touchent les royalties sans limite de la crédulité imbécile du révolutionnaire de base.

.

Ble 1er avril 07:03

La bourgeoisie française a toujours été et est toujours anti républicaine. Les U S A lui ont donné un bon coup de main en 1968. Déjà à cette époque l’américanisation des esprits était bien avancée. Pas un jour ne passait sans que les média dominants ne fasse l’éloge de la démocratie étasunienne.Il y avait un véritable culte de l’individu tout puissant libre de « jouir » sans avoir à se préoccuper des conséquences de ses actes.

La propagande faisait en sorte de maintenir les « masses » dans une ignorance totale entre la démocratie étasunienne et la démocratie en France.

La démocratie étasunienne repose sur la liberté de l’individu, (son droit de posséder une arme, de s’enrichir sans limite, d’exploiter les esclaves, de conquérir des terres, et d’organiser le génocide des indiens) et sur la prédominance du $ dans le monde des affaires.

En France la démocratie n’a jamais été une démocratie réelle. Le vrai pouvoir est passé de la noblesse (les aristocrates) à la bourgeoisie, le peuple est passé d’un Maître à un autre mais rien a changé pour lui.
Les renégats de Mai 68 ne sont que le prolongement des renégats de la révolution de 1789 mais cette révolution n’a jamais été faite dans le but de partager le pouvoir entre la classe possédante et les peuple des travailleurs.

Anonymous_civil_Sergent 1er avril 09:08

J’ai le sentiment qu’à chaque anniversaire de mai 68 (tous les 10 ans) , c’est à peu près la même histoire :

-Les fossoyeurs de mai 68 de type Ferry, etc. bien conservateurs mais tout autant partisans du statut quo concernant l’appartenance à l’Otan et la construction européenne insistent sur les conséquences liés aux moeurs, aux pertes de valeur, au fétichisme materialiste et financier, à je cite « la mollesse des jeunes génération ». Donc dixit cette grille de lecture et bien les générations qui étaient trop jeunes pour faire mai 68 et sont devenus adultes plus tard et bien se sont bien faites avoir ( la génération de mes parents pour commencer née après 1955). Ces fossoyeurs s’accordent même à dire que 4 générations au moins se sont retrouvés au chômage à leur sortie d’études.

-Les embaumeurs aimeraient bien revivre cet évènement, mais ne parlent jamais du monde actuel à leurs lecteurs.

Et puis on trouve aussi maintenant des récits racontés par des gens qui y étaient ( 68 et après de Benjamin Stora) . On voit aussi des historiens et historiennes nous livrer une autre grille de lecture que celles habituelles.

-On trouve aussi certains auteurs tel Régis Debray ou autres qui expliquent bien la duperie menée par Cohn-Bendit et tant d’autres. Et c’est même d’ailleurs ces auteurs là que j’ai lus en priorité . Même quand on m’enseignait mai 68 au collège ou au lycée, j’avais coutume de dire en famille que ça a pas fait que du bien. Je disais même à l’époque que y’avais quelque chose qui clochait dans cette belle fable. Après on peux effectivement ne pas être d’accord avec une grille de lecture de générations ( voir Louis Chauvel sur la manière dont la prise de pouvoir des héritiers de mai 68 dans le champ politique, culturel, littéraire, économique, journalistique est allé de concert avec le verrouillage depuis des décennies des leviers de pouvoir de la Vème république).

Partages 0