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Un Blog de Médiapart, celui de Jean-Marc B. cite largement le livre de Denis Langlois « Et si la révolution était possible » dans un article intitulé « Jean-Luc Mélenchon touche le fond en déclarant « Mon césarisme l’emportera ! ».

Jean-Luc Mélenchon a déclaré « Le césarisme de Macron ne peut pas tenir, il n’a pas de base sociale ; mon césarisme l’emportera ! » (L’Obs, 09/08/2017)

Denis Langlois, dans la préface de « Et si la révolution était possible » (2018) traite assez bien de cette maladie qui touche les plus pressés par l’âge des politiciens:

« Il serait faux de dire que les dérives de l’autorité dans les partis viennent uniquement de ceux qui sont attirés par le pouvoir. Les chefs naissent aussi, parce que les autres militants leur donnent naissance. Notre société a habitué les gens à être en majorité des obéissants et des admirateurs. Les médias cultivent à longueur d’année cette tendance. Ils réclament des têtes d’affiche. Ils personnalisent les actions collectives. Ils veulent que quelqu’un de connu et de télégénique – le fameux « charisme » – incarne le groupe. Comment les leaders ne se laisseraient-ils pas griser par cette gloire factice, par cette prétendue reconnaissance ? Comment, nouveaux narcisses, ne regarderaient-ils pas un peu trop leur reflet dans le miroir ? Comment n’oublieraient-ils pas qu’ils sont pour les médias des pions interchangeables, des objets d’intérêt passager liés à l’actualité ? Comment n’en arriveraient-ils pas à confondre leur personne, leur ego – « Moi, je » – et la collectivité qu’ils représentent ?

Dans ces conditions, la recherche et la vénération d’un chef, le besoin d’un « maître » idéalisé, le culte de la personnalité, peuvent paraître naturels aux membres d’un groupe ou d’un parti. « Les grenouilles qui demandent un roi. » Un boulevard s’ouvre alors devant celui qui brûle d’être leader. Il n’a pas beaucoup d’efforts de séduction ou d’affirmation de soi à faire pour le devenir. Il a les plus grandes chances d’être intronisé, avec toute la connotation religieuse du mot. Par complexe d’infériorité, par engouement excessif, par souci d’efficacité immédiate ou encore par paresse, les militants lui laissent le champ libre.

Au début, cette situation peut paraître idyllique. Il est confortable de ne pas avoir à prendre d’initiatives, de suivre les mots d’ordre d’un leader-prophète que l’on admire. Mais en général les choses se gâtent vite. L’idylle tourne à la désillusion. Malheureusement il est trop tard. Le chef est bien en place dans toute sa splendeur et il s’avère difficile de s’en débarrasser, de déboulonner sa statue. Il a ses lieutenants, ses barons, ses serviteurs. Il dispose de l’essentiel des manettes du mouvement. Il confisque à son profit la lutte collective. Il devient l’organisation à lui seul, obsédé par son image et son maintien au pouvoir.

Ce phénomène des leaders est-il inhérent à tout groupe ? Apparaît-il dès que deux individus sont en présence ? Plus généralement est-il inévitable que, leader ou pas, on agisse d’abord pour soi, au filtre de ses propres sentiments, avant d’agir pour les autres ? Peut-on combiner tout cela afin que l’intérêt collectif l’emporte sur l’intérêt personnel, sans que l’intérêt personnel disparaisse pour autant ? Peut-on faire que nos révoltes, nos passions, nos désirs restent les nôtres tout en devenant altruistes ? Peut-on parvenir à franchir l’obstacle du moi ? Difficile à dire, tant notre société a brouillé les cartes du comportement humain. Cependant il s’agit de travers qu’il est souhaitable de contrecarrer dès le départ. Il y a là une question de vigilance. S’en désintéresser, dire « On verra ça plus tard », c’est se préparer des lendemains difficiles.

Le moment critique survient lorsqu’il faut remettre à sa véritable place un leader dont l’aura médiatique rejaillit sur le groupe, mais fait écran à l’action collective. On risque de perdre momentanément de l’influence, mais c’est souvent la dernière occasion de redonner au groupe la maîtrise de ses actes. Ne pas le faire s’avère en général suicidaire, car il ne faut guère compter sur le leader médiatique pour se mettre de lui-même en retrait.

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes : ni Dieu, ni César, ni tribun », chante à juste titre l’Internationale. Mettons fin une bonne fois pour toutes au mythe de l’homme (ou de la femme) providentiels.

Cela demande beaucoup d’efforts à réaliser individuellement et collectivement, la construction d’une éthique nouvelle qui s’impose à tous sans être coercitive, celle qui sera la base de la société future. Un esprit critique sur soi et sur les autres, qui ne se laisse pas abuser par le savoir-faire politicien, qui ne succombe pas à la fascination pour le chef.

L’unité d’un mouvement révolutionnaire n’est vraiment solide que lorsque chaque participant en devient un élément à part entière, lorsqu’il peut faire valoir son point de vue, même s’il est minoritaire, surtout s’il est minoritaire. Il n’y a rien de plus fragile que l’unanimité de façade d’un troupeau. Un danger, une difficulté imprévue, c’est la débandade dans tous les sens.

(…) Un mouvement révolutionnaire doit être l’affaire de tous. Dès qu’un militant parle de son organisation en disant « le parti », « le syndicat », « l’association » ou en employant le « ils » indéfini (comme on le fait pour l’État, le gouvernement ou les multinationales), il y a quelque chose qui ne va pas. Le seul terme souhaitable est le « nous » libre et spontané. (…) »

Jean-Marc B.

 

COMMENTAIRES DE CET ARTICLE :

Je n’ai lu que le titre, donc à une co***** je commente par une co****** laughing

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1) Quand Mélenchon s’auto-désigne César dans un entretien à l’OBS, ou comme il l’a fait à Rome, ce n »est pas parce-qu’il est con. Il ne l’est pas plus que son modèle, le politicien grand bourgeois Mitterrand.

2) Alberteins ne lit pas car il ne s’intéresse pas aux analyses de Denis Langlois sur le modèle césariste, affirmant qu’il n’y aura pas d’alternative en tournant le dos à la démocratie. On le savait.

3) Comme d’hab RIEN sur le sujet. Les lecteurs de MDP valent beaucoup mieux.

Ses analyses sont peut être pertinentes, dommage qu’avec un titre aussi nul, tu ne me donnes absolument pas envie de les lire

Fait un effort sur le titre la prochaine fois, conseil d’ami wink

Le titre est une citation de Mélenchon. Elle n’est pas nulle, pas plus que Mélenchon d’ailleurs. C’est seulement l’affirmation d’un politicien bourgeois aux dents longues, qui après avoir écarté le socialisme et l’écosocialisme de son programme ne se cache plus (voir le message sur la tasse…):

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Hélas, si le « nous » faisait sortir de l’auberge, cela se saurait depuis belle lurette.

Pas très gentil, de ressortir de vieilles citations… JLM a depuis longtemps rendu le point… smile

… et comme on sait, le match est fini.

  • 02/04/2018 05:58
  • PAR 

La gauche n’a pas de meilleur ennemi qu’elle même

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