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L'Affaire Saint-Aubin, livre de Denis Langlois, 2019, La Différence. Accident. Guerre d'Algérie. Fréjus. Dijon.

Comme les chansons que des millions de gens fredonnent durant un été, les « affaires » marquent et symbolisent une époque. Le nom d’une « affaire », sans qu’on en connaisse les tenants et les aboutissants qui deviennent vagues avec le temps, fixe un repère dans la mémoire collective. Il en allait ainsi de L’Affaire Seznec dont Denis Langlois nous a remémoré les tumultueux rebondissements dans Pour en finir avec L’Affaire Seznec (La Différence, 2015). Il en va de même pour cette Affaire Saint-Aubin, qui ranime l’époque du SAC et des barbouzes, dans la période trouble de l’après-guerre d’Algérie.

Nous sommes en juillet 1964. La famille Saint-Aubin, originaire de Dijon où elle tient une grande bijouterie, s’apprête à partir en vacances dans le luxueux domaine du Pin-de-la-Lègue, près de Fréjus. Trois voitures : celle des parents qui tracte une caravane, celles des deux fils. La voiture de Jean-Claude, l’aîné, âgé de 23 ans, accompagné d’une amie, Dominique Kaydasch, n’arrivera jamais à destination. La voiture s’écrase contre un arbre, à Puget, non loin de Fréjus, les deux passagers meurent sur le coup.

Simple fait divers tragique ?  C’est la conclusion du procureur de la République de Draguignan qui procède à un classement sans suite le 16 juillet 1964. À compter de ce jour, débute « L’Affaire Saint-Aubin », car Andrée Saint-Aubin, la mère du jeune homme tué, ne peut croire à cette version des faits. Aidée de son mari, elle enquête inlassablement dans toutes les directions et découvre un témoin qui se trouvait sur les lieux. D’après lui, c’est un camion militaire qui a provoqué l’accident et pris aussitôt la fuite. Cela n’empêche pas la justice de confirmer sa décision. Les procédures s’enchaînent suivies intensément par les médias, le président Mitterrand et le ministre Badinter s’en mêlent, on effectue une reconstitution sur les lieux, et en 1990 la famille Saint-Aubin reçoit une indemnisation, mais seulement pour « mauvais fonctionnement de la justice ». Andrée Saint-Aubin décède en 2003.

Aujourd’hui, cinquante-trois ans après les faits, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé. Accident  ? Attentat ? Bavure des services secrets gaullistes en lutte contre les anciens membres de l’OAS ? La raison d’État a-t-elle frappé ? L’affaire Saint-Aubin, l’une des grandes énigmes politico-judiciaires de la Ve République, n’est toujours pas résolue. En explorant toutes les pistes, Denis Langlois retrace pour nous cet incroyable feuilleton et s’efforce de faire le point, pour notre plus grand intérêt et notre plus grand plaisir.

2 octobre 2019, l’émission L’Heure du crime de Jacques Pradel sur RTL est consacrée à l’Affaire Saint-Aubin. Invités : Denis Langlois, Patrick Meney et François Saint-Aubin. Pour écouter.

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